HOKKAIDO et ses jardins (4)

HOKKAIDO ET SES JARDINS (4)

Nous quittons ce matin les champs de fleurs. Pas âme qui vive sur la route. La conduite est donc aisée, enfin je suppose car c’est Guy qui conduit. C’est bien. Je suis juste là pour l’engueuler un peu quand il roule trop proche du bas côté, ce qui me vaut un ‘tu veux conduire à ma place’ ? Ce qui me calme pour les prochaines quinze secondes. C’est bien.

GROSSE GROSSE visite ce jour qui nous a occupés la journée entière pour profiter pleinement de l’exceptionnel.

Dans les années 1990 Mitsuhige Takayashi, propriétaire de journaux au Japon, fait le voeu de réduire l’empreinte carbone de sa société en plantant un vaste parc de 240 hectares au pied des fabuleux Mont Hidaka.

Début 2000 il demande au paysagiste Fumiaki Takano de créer  un jardin ‘sauvage’ et au fameux (et talentueux) paysagiste anglais Dan Pearson d’aménager un vaste jardin de prairie qui mêle plantes autochtones aux vivaces occidentales ainsi qu’un espace modelé qui unit le ciel et la terre. Quatre ans plus tard le Millenium Forest Park reçoit la plus haute distinction paysagiste britannique pour le projet qui vise à reconnecter l’homme urbain à la nature, à prendre conscience de son patrimoine naturel et la haute, urgente importance de le conserver.

Nous attendions beaucoup de cette visite car le site jouit d’une réputation mondiale que seul son accès compliqué depuis l’Europe explique sa totale ignorance du public occidental. En effet, pas un seul bidochon en vue ( qui engueule sa mémé car il doit se farcir des baguettes pour manger ses sushis bien meilleurs chez Carrefour), ni même d’ailleurs aucun occidental depuis le début de notre voyage. Et le résultat est pleinement à la hauteur des années d’attente et de fantasme.

Visite commentée… FANTASTIQUE !!!

Non, il y a déjà assez de plantes à la maison !

Le jardin vise à recréer l’atmosphère naturelle de la forêt dense et enveloppante qui fait place à la prairie ouverte et lumineuse. Grand soin est apporté à la création de communautés de plantes comme elles existent dans l’espace sauvage. Le choix des plantes, pourtant savamment étudié, semble aléatoire et informel, mais choisi pour assurer une succession de floraisons entre le printemps et le court automne. Avec le temps s’installe un écosystème autosuffisant, équilibré… comme dans la nature.

Tout commence par quelques notes sonores emportées par le vent. La magie commence dès l’entrée.
Chemin de prairie ouverte. Lumière !
Sous-bois ombragé. Pénombre. Comme dans le jardin japonais traditionnel, les espaces ouverts font suite à des espaces fermés… et puis… c’est l’extase imprévue…
Les collines… une peinture abstraite et juste quelques planches de bois pour faire le lien rassurant avec l’humain…
L’homme qui marche. J’adore cette photo.
L’homme représenté face à la nature immense.
Un jour, deux clans de cerfs s’opposaient. Vint un dieu qui descendit sur Terre pour calmer le jeu. Les cerfs se mirent autour de lui et l’écoutèrent. Vous l’entendez chuchoter… apaiser ?
Retour à l’espace fermé, la transition qui annonce le second acte…

Connexion à la nature. Texture.

Connexion à la nature. Murmure.
L’espace s’ouvre à nouveau. Tout recommence.

Parfois passe un ovni. Nous sommes bien au Japon.
Elle est où la colline ?

Pas le temps de réfléchir. S’annonce maintenant la prairie fleurie de Dan Pearson.

Vous comprenez pourquoi on retourne au Japon chaque année ?

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