The book à lire en fin d’année

THE BOOK À LIRE EN FIN D’ANNÉE

Le nombre de plantes disponibles est aujourd’hui insondable, qu’il s’agisse de cultivars créés ou d’introductions de la nature glanées par des chasseurs de plantes. Pourtant, seulement une partie infime circule dans les pépinières généralistes et sur les foires, et ce n’est pas prêt de s’améliorer car le métier n’attire plus. Il semble que les créateurs de jardins ont le plus souvent une connaissance restreinte des plantes et que les pépinières de leur côté ont une idée réductrice de la manière de les mettre en musique.

Et les livres, nous aident-ils ?

Combien sur le marché vous donnent une somme indigeste de plantes de A à Z qui n’expliquent finalement que la matière première dans les grandes lignes. Ils vous proposent les notes sans vous expliquer la musique. 

Si mélanger quelques origans dans une mer d’Houttuynia (si si, ce n’est pas de la fiction et je ne vous dirai pas qui le préconise fièrement !) et crier au miracle peut satisfaire ceux qui avalent l’ordonnance en espérant être guéri, il existe heureusement aujourd’hui de grandes personnalités inspirantes qui insufflent un vent nouveau car ils incarnent la quintessence du jardinier : une bonne connaissance des plantes, doublée d’un oeil redoutable pour les associer avec un brin de fantaisie.

Je vous conseille donc ARDEMMENT la lecture d’un livre qui vient de paraître et que l’on doit à l’Irlandais Jimi Blake qui a créé il y a déjà 25 ans un formidable jardin à l’ouest de Dublin. Il a non seulement une redoutable connaissance des plantes efficaces mais aussi un oeil rare pour les associer de manière aussi troublante qu’originale. Beaucoup le considèrent aujourd’hui comme le digne successeur de Christopher Lloyd en (beaucoup) moins vitriolé.

L’hiver est à nos portes, voilà le livre idéal pour passer ses soirées au coin du feu en attendant (très) patiemment que le nôtre sorte pour qu’enfin vous ayez quelque chose de neuf à vous mettre sous la dent.

Les associations de couleurs sont imaginatives, le choix des plantes tout autant car vous n’avez pas l’habitude de les voir. L’inventivité est présente à chaque page même s’il convient de dire qu’il s’agit d’un jardin de passionné pour des jardiniers passionnés. Pas mal de plantes à rentrer en hiver ou à protéger (dahlias, bananiers, sauges, araliacées …). Mais cela change des blocs à la Oudolf (ah çà oui, des plantes robustes mais… partout les mêmes) ou des successions de noms de plantes au fil de pages inconsistantes. Vous ne ferez sans doute jamais un jardin de la sorte mais il y a une foule d’idées à piquer par ci par là et adapter dans son espace. Il faut bien sûr lire l’anglais (pas de traduction française et je doute qu’il y en ait une un jour) mais çà se lit aussi facilement qu’un Amélie Nothomb feuilleté entre deux cuissons de coulis de tomates.

Les feuillages sont omniprésents, les formes, les couleurs et tout cela mélangé de manière très personnelle et parfois iconoclaste. Il y a même des plantes définies et cataloguées pour leur longue floraison, leur effet dramatique au jardin, réunies en famille,…

Un livre qui décoiffe et parfait pour l’automne/hiver qui s’annonce.


12 commentaires

  1. Et c’est toujours pareil : je connais très peu d’anglais alors acheter un livre pour ne regarder que les images, ce n’est pas possible. J’en ai déjà un que j’ai acheté en anglais que je n’ai pas fini de traduire : c’est trop fastidieux. Dommage mais c’est souvent le cas.
    J’attends donc le vôtre et j’espère qu’il va bientôt paraître…….

  2. J’ai adoré la visite de ce jardin. Jimmy est véritablement un visionnaire. Hâte de revoir son jardin (et celui de sa soeur June ). Je vais bientôt relire en Anglais.

  3. Quel plaisir pour les yeux ! Presque surnaturel … et ces mélanges
    audacieux de formes et de couleurs, quelle inventivité !
    Courage Francis, la voie à suivre vous tend les bras …
    Mais nooon, c’est déjà -presque- aussi magnifique chez Vous !!!

  4. Hello,

    J’attends avec impatience ce book commandé sur Blackwell’s.

    J’ai les mêmes obsessions…mais cela devient de plus en plus difficile pour moi
    de transplanter pour quelques mois les plantes qui ne supportent pas nos climats..

    Mais c’est si beau… que le travail demandé est vite oublié.

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