Les tendances du Chelsea

LES TENDANCES DU CHELSEA

La semaine dernière, je lis dans Marie Flair que Joséphine (c’est un nom d’emprunt, je ne voudrais pas qu’on la reconnaisse) n’a jamais aimé ses cheveux fins et quand ils se sont mis à tomber, elle était désespérée. Je m’apprêtais à essuyer une larme quand elle nous a tous rassurés que depuis qu’elle prend ‘Cheveux Volume’ tout est rentré dans l’ordre. J’ai donc moi aussi acheté le produit et vous savez quoi ? Je ne perds plus mes cheveux non plus ! Tout cela grâce à la procyanidine B2 et au zinc. Bon, le produit est cher. J’ai donc l’intention maintenant de m’attaquer aux gouttières. Si j’en récolte l’eau chargée en zinc, çà devrait marcher à en croire l’homéopathie et je fais un geste pour la planète. Toute cette eau qui tombe et provoque des inondations. Si çà diminue, ce sera un peu grâce à moi. Alors vous aussi, léchez vos gouttières. Vous ferez une bonne action. C’est peut-être une goutte en moins dans l’océan mais si on s’y met tous (attention toutefois à la potomanie), vous verrez comme le niveau de l’eau baissera et on pourra encore passer sans crainte nos vacances à Wenduine sans que la plage soit défigurée par des barrages en tous genres, sauf bien sûr si vous avez la mauvaise idée de vous retourner pour contempler l’architecture contemporaine qui mériterait bien le prix Pritzker (je remercie d’ailleurs ici mon généreux sponsor ‘kom mee naar de zee’).

Bon, quel est le rapport avec le Chelsea ? Ben, il n’y en a pas. Mais cette information me démangeait tellement que je voulais la partager avec vous.

Nous sommes donc allés au Chelsea Flower Show cette année (scrutez le prochain ‘Jardins d’Eden’, on écrit un article sur le sujet) et… c’était une très bonne année.

Disons-le d’emblée, une nouvelle tendance s’affirme nettement : un jardin cool mais raffiné qui fait la part belle à la création humaine épaulée par un laissez-faire faussement négligé. En somme, on répète ce qu’on nous disait il y a 100 ans mais les choses évoluent. Voici ce que l’on proposait il y a quinze ans.

Un jardin propret, léché, cloisonné et domestiqué…
…voir minimaliste, aussi réjouissant et imprévisible que l’épisode 2.137 des Feux de l’Amour que je viens d’ailleurs de revisionner car je n’ai pas tout compris.

Des fleurs au look champêtre comme les Ammi visnaga et autres Selinum faisaient bien leur apparition mais tout cela était contenu, maintenu sagement en laisse en attendent Godot (je viens de le relire et là non plus je n’ai pas tout compris)

ET CETTE ANNÉE, ON SE MET QUOI SOUS LA DENT ?

Enfin on nous rappelle que le vert est une couleur à part entière et qu’en jouant des formes et textures on évite la monotonie.
Place à l’effet de prairie non pas avec des annuelles mais avec des vivaces plus faciles à mettre en oeuvre pour un retour assuré l’année suivante. Un brouhaha contrôlé avec la présence de l’une ou l’autre star comme ces Echium russicum (candélabres pourpres à gauche), à essayer chez nous si drainage. Oubliez par contre l’impossible hybride Digiplexis isoplexis x digitale de droite qui n’est pas du tout rustique chez nous (attention on les vend sous le nom déguisé de digitale genre ‘Illumination’, FUYEZ !)

Même les jardins plus léchés enlèvent leur corset (visible ici en blanc, cette nudité a fait scandale mais bon… c’est le Chelsea n’est-ce pas ?). La différence ? Les groupes ont disparu au profit d’individus disséminés qui semblent s’être invités tous seuls.
Parfois même l’allure sauvageonne de celles qui ‘cachent un peu sans occulter complètement’ apporte de la décontraction bon-enfant.
Même le jardin proposé par Dubai s’est assagi. Pas de bling bling cette fois mais une brillante gestion de la courbe omniprésente…
…et un superbe choix de plantes là encore faussement désorganisées.
La palette s’adoucit à nouveau. Il y a bien sûr des éclats de voix mais la tendance est à la simplicité et à la fraîcheur visuelle non sans une note écologique comme ce jardin ‘sans arrosage’.
Même les stands des pépiniéristes dans le grand pavillon (12.000 mètres carrés remplis de plantes !) s’organisaient en mélanges qui me rappellent les magasins de bonbons. Je veux tous les goûter sauf le Meconopsis bleu décidément impossible ailleurs qu’en climat frais et à l’humidité ambiante permanente.
En résumé : quelques stars comme ces iris et ails perdus dans un fouillis organisé
Mais bien sûr le Chelsea reste le Chelsea avec ses présentations fanfaronnes de delphiniums géants, de pois de senteur affolants, de narcisses (pouvez-vous imaginer l’ingéniosité requise pour les faire fleurir fin mai, un mois ‘trop’ tard ?)…
… l’exotisme des pays lointains comme l’Afrique du Sud
…l’excellence des présentations…
…parfois aguichantes…
…et l’incontournable humour britannique !


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