L’Humble Jardin de Du Fu

L’HUMBLE JARDIN DE DU FU

Du Fu est l’un des deux plus grands poètes chinois. Il a vécu sous les Tang au 8ème siècle. Durant la guerre qui faillit renverser le pouvoir en place il s’enfuit au Sichuan et s’installe pendant quatre ans dans une humble chaumière, la période la plus féconde au cours de laquelle il écrit ses plus beaux poèmes.

La maison d’origine n’existe plus mais on a reconstruit une chaumière au début du 19ème siècle sur le site dans un superbe jardin qui permet aisément d’appréhender l’atmosphère de quiétude qui fut celle du quotidien du poète.

‘Un couple de loriots chante dans les saules verts
Une colonne d’aigrettes des neiges traverse le ciel bleu
Ma fenêtre contient des pics couverts de glace millénaire
Ma porte abrite des bateaux qui ont descendu dix mille kilomètres de rivières.’

Poète réaliste à la plume rare, patriote convaincu il vécut pourtant une vie misérable malgré l’influence considérable qu’il allait exercer sur les générations futures. Les vers sont simples parfois percutants quand il dépeint les réalités de la guerre, bucoliques quand il chante le calme de la vie rurale. Mais toujours liés à la vie quotidienne.


‘ Au sommet du mont Tai majestueux, 
De nombreuses montagnes sont petites devant nous. ‘

‘ Derrière la porte rouge, çà pue la viande et le vin.
Sur la route, les hommes meurent de froid.’

Le jardin proprement dit épouse la forme d’un ovale traversé par un cours d’eau et de nombreux chemins aléatoires sans but apparent qui permettent de se perdre et s’asseoir pour contempler les points de vue ou encore s’asseoir pour boire un thé.

‘Si je pouvais construire une maison avec mille, dix mille chambres  Un vaste abri pour tous les lettrés du monde; ensemble dans la joie. Solide comme le roc, rien ne pourrait l’ébranler. Ah si je voyais apparaître cette maison devant moi Je mourrais sans remords de froid dans mon humble chaumière.’

Dans l’un de ses poèmes il parle du ‘sentier des fleurs’ qui traversait le jardin : ‘Mon sentier est empli de pétales. Jamais je ne le balaierais. Mon portillon est fermé mais il s’ouvre maintenant pour vous.’



17 commentaires

  1. Merci, Francis, de nous faire connaître ce poète. On l’imagine très humain, sensible, écoutant tous les bruits de la nature et j’aime son expression simple..
    Bon dimanche à tous les 2

  2. Aaah quel souvenir … figure-toi que nous avons visité ce lieu enchanteur lors de notre 1er voyage en Chine … en 1987 ! A quand remontent tes photos ? Nous allons nous précipiter vers nos vieux albums photo à la cave pour y retrouver des souvenirs plus précis, qui vont nous donner un fameux coup de jeune 🙂 Voilà qui va nous faire patienter avant de te retrouver dimanche prochain dans les jardins japonais cette fois. Excellente semaine d’ici là. Philippe

  3. Une atmosphère calme comme le brouillard omniprésent…
    Entendez-vous le merle taper contre la fenêtre?
    Le silence règne.
    Entendez- vous le poète murmurer ses poèmes?
    Les cours d’eaux l’absortent en ravolent…
    L’éternité omniprésent…

  4. Un beau parcours initiatique, je suppose, pour qui s’y promène et rencontre beauté, mystère de la vie et musique des mots. Beau dimanche aux ourlets de givre.

  5. Merci Francis pour ces magnifiques photos.J’ai visité ce lieu il y a qq années mais sans guide ‘éclairé’ et aux pas de course comme tous voyages organisés, voir sans rien approfondir.
    Bon weekend à vous Deux .
    Vdb

  6. Merci Francis de nous partager et de nous faire rêver avec ses magnifiques photos et la poésie de ce grand poète chinois que je découvre.
    Bon dimanche (Chez moi, sous la neige).

    Fabienne

  7. Très beau jardin, franchement.
    Quelle sérénité, il devait être bien agréable d’y vivre et d’y penser.
    Quant à la poésie chinoise, après Li Po, voici que je découvre Du Fu. Il va falloir que j’achète une anthologie pour pouvoir te suivre… Tu n’aurais pas une édition particulière à recommander par hasard, histoire d’avoir une bonne compilation et surtout une bonne traduction ?

    Excellent week-end, ainsi qu’à Guy
    et caresses au maître des lieux, le vénéré Hermès ! 😉
    Jean-Pol

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